|
|
| 1. "La Femme Expliquée":
édition "Le Jour", Montréal
(1982)
|
|
A travers un grand balayage
historique, nous reprenons la mise en place de nos schèmes
de pensée et d'action ainsi que de leur
évolution pour expliquer la psychologie de la
femme occidentale en commençant dans les temps
les plus anciens quand on adorait la déesse-Mère
Ishtar jusqu'à nos jours.
Nous témoignons
de notre double héritage, judéo-chrétien
et graeco-latin, un héritage qui rend compte
de la formation de notre psyche et des réactions
que nous avons apprises à développer durant
les siècles de cette splendide acculturation
en devenir quoique, pour la femme, notre présent
sujet, ce conditionnement fût agrémenté
çà et là au cours des siècles
de chausse-trapes à éviter, bien sûr!
En
voici un extrait:
La
femme,
Etre
mystérieux et fragile,
Etre
incompréhensible et changeant,
En
proie à ses émotions,
Dotée
de pouvoirs à la limite du maléfique,
Responsable
de la chute de l'homme,
A
la fois lumière et noirceur,
A
la fois astre brillant et abysse de perdition.
Ces
idées et ces croyances ne furent que le produit
de l'imagination masculine dans sa peur de l'autre sexe;
mais, pour son propre malheur, la femme les adopta en
les actualisant au cours des millénaires.
Comme
le prisonnier qui, après des années d'incarcération,
essaie de se détruire ou bien se fait l'instrument
docile de son bourreau, la femme, enlisée dans
l'état de léthargie dans lequel l'homme
la confina, a perpétué les phantasmes
masculins de génération en génération
en leur donnant une forme concrète, réelle,
sans doute par désir de plaire au maître
qui l'avait choisie et asservie mais aussi avec la singulière
satisfaction de se faire du mal.
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Cette
peur de l'homme vis-à-vis de la femme représente
la peur de sa chute.
Depuis
les temps les plus reculés du paléolothique(...)
jusqu'à la fin de la période néolitithique,
il y a environ cinq mille ans, la femme représente
le sexe dominant.
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
La
péeminence de la femme ne tient pas uniquement
à son active contribution pour assurer la survie
du clan et en améliorer les conditions par ses
travaux et ses inventions, mais aussi à la croyance
qu'elle seule crée la vie. On n'a pas encore
fait le lien entre acte sexuel et procréation.
Ayant
le pouvoir à la fois unique et mystérieux
de donner la vie, elle est déifiée. Comme
on peut le vérifier au cours de notre histoire,
il semble que ce soit une tendance naturelle chez l'être
humain d'investir de pouvoirs divins un phénomène
inexplicable. Le sexe féminin eut donc l'honneur
insigne, grâce à sa mystérieuse
faculté de procréation, d'être le
premier des deux sexes à avoir une représentation
divine. Les dieux mâles n'apparaissent que
tard dans notre histoire humaine: ils se présentent
en conjonction avec l'établissement des sociétés
patriarcales entre trois mille et mille cinq cents ans
avant notre ère.
Depuis
quelque trente ans, pour le bonheur de tous, femmes
et hommes, les mentalités ont beaucoup évolué
même s'il reste, ici et là, encore quelques
ajustements à opérer.
Monographie disponible
sur le site http://catalogue.cdeacf.ca
|
| 2.
"Les Thérapies au Féminin":
édition "Le Jour", Montréal
(1983).
|
|
Je présente dans
ce petit opuscule ma pratique en psychothérapie
auprès des femmes, celles-ci beaucoup plus nombreuses
à rechercher de l'aide en psychologie durant
les décennies 1970-1980. Il en est autrement
en ce début de troisième millénaire.
Tant les hommes que les femmes n'hésitent plus
à demander de l'aide en psychologie.
En relisant ce livre,
écrit il y a plus de vingt ans, pour les besoins
de mon nouvel ouvrage "La psychothérapie éclectique
intégrative" dans lequel je relate mes années
de pratique en psychothérapie et le développement
de cette approche nouvelle mutltimodale de l'être
humain dans l'aide qu'on peut lui apporter pour résoudre
ses problèmes, soulager ses souffrances, le guider
vers des objectifs encourageant la réalisation
de soi, je m'aperçois
que les demandes des personnes venant en consultation
ne sont plus exactement les mêmes: les mentalités
ont évolué; donc, nos techniques elles-aussi
se sont affinées, perfectionnées, diversifiées.
Le monolithisme en psychothérapie
et l'approche unimodale qui n'avait déjà
plus cours en Amérique du Nord dans les 1970
tend à disparaître en Europe pour le bien
de tous, à commencer par celui des personnes
consultantes.
|
| 3.
"Les Maladies-Refuges":
édition "Libre-Expression", Montréal
(1985).
|
|
Hystérie, phobies,
anorexie: maladies-refuges psychologiques de la femme
au cours des siècles quand elle ne pouvait assumer
les attentes, principes, interdits et autres pressions
socio-psychologiques que la société lui
imposait.
Si, avec la révolution sexuelle qui
eut lieu au cours des années1960-1970, la femme
vit sa sexualité sans tabous ou retenues malsaines,
elle n'a donc plus à se réfugier dans
l'hystérie, il n'en est pas de même pour
la femme présentant des phobies, agoraphobie
en particulier.Il y a encore trop de femmes prisonnières
de leurs angoisses, de leur manque de confiance, de
leur déprime.
Quant à l'anorexie, on sait
ce qu'il en est avec le nombre de jeunes adolescentes
et adultes qui s'engouffrent dans ce trouble du comportement
alimentaire. Etre une sylphide, voie assurée
vers le succès en amour, dans sa profession,
et en amitié, est une
pression sociétale moderne des
plus néfastes pour l'avenir des jeunes filles,
jeunes femmes: car, le simple fait, apparemment banal,
de ne pas manger va induire ou réveiller une
pléthore de facteurs plus destructeurs les uns
que les autres qui vont annihiler les forces de
ces jeunes personnes.
Là,
dans ce contexte, en vingt ans, rien n'a vraiment changé:
si l'on reçoit moins d'hystériques lors
de nos consultations, anorexiques-boulimique ou ce
que j'appelle "état mixte" en TCA et
phobiques restent pléthores.
|
| 4. "Vivre à deux en amour":
édition "Libre-Expression", Montréal
(1986
|
|
A partir de réponses
données à un questionnaire sur la vie
du couple, nous avons établi une liste des priorités
qui assurent la pérennité de la vie à
deux. Entre autre facteur proposé à la
classification, nous avons eu la surprise de constater
que le ciment des couples qui "durent" n'était
pas le facteur sentimental tel qu'amour réciproque,
ou affection mais la confiance mutuelle, variable située
en première place dans la majorité des
réponses données.
|
| 5. "Anorexie,
Boulimie et Etat Mixte": édition
"Publibook",
Paris (2003).
|
|
Parmi les personnes qui, au cours de ma carrière, ont suscité le plus de réflexion, d'analyse, de recherche en un mot, de ma part, afin de mieux les aider, il y eut et il y a toujours celles qui se trouvent prise dans le piège de cet objet, inerte en soi, la nourriture et de son effet sur leur perception d'elles-mêmes, l'image de soi.
Dans cet essai, à
partir de l'analyse de nombreux cas diagnostiqués, parfois à tort par la personne qui vient en consultation, soit anorexie, soit boulimie, nous avons fait la distinction entre l'anorexie pure et dure, la véritable boulimie et les cas, les plus nombreux, tout au moins en ce qui concerne notre époque, l'anorexie-boulimie, anorexie avec des épisodes de boulimie, type de désordre que j'appelle ETAT MIXTE. Dans un premier temps, nous nous intéressons à cet objet qui est à l'origine de tant de maux, de souffrances, de malentendus, de recherche de soi, de séparation entre parents et enfant, entre mari et femme, c'est-à-dire la nourriture, les aliments.
Comment peut-on mettre tant d'espoirs ou trouver tant de désespoirs dans ce qui est, certes, un des éléments de la vie mais qui demeure, avant tout, une matière organique, c'est-à-dire, un élément neutre en soi et inoffensif, si ce n'est par la magie des fonctions symboliques qui lui sont attribuées par la personne ? Les différentes fonctions, une physiologique et trois symboliques
(symbolismes
affectif, social et religieux) de cette nourriture sont donc analysées.
Puis, nous proposons un survol historique de l'anorexie et de la boulimie à travers les écrits qui sont parvenus jusqu'à nous. Depuis les temps les plus anciens, poèmes védistes et description de l'éthique spartiate pour le jeûn, récits de grandes agapes chez de célèbres mangeurs dans la Rome Antique, le jeûn dans tous ses excès a été pratiqué et, de même, très tôt dans l'histoire, on se laissa prendre par la gloutonnerie. Anorexie et boulimie ne sont pas des « problèmes » récents.Par
contre, je considère
l'anorexie-boulimie comme un trouble typique de notre
époque observante d'un conformisme social à
la fois pesant et attractif, la minceur, alternant avec les exigences
d'un corps en état de dénutrition.
A travers l'analyse de cas présentés tant d'anorexie, de boulimie que d'état-mixte et ce, à différents moments de la vie, notre présentation allant de celle de nourrissons aux personnes âgées en nous arrêtant aux pré-adolescentes et adolescentes, puis aux jeunes adultes, on prend conscience du nombre pléthorique de facteurs qui jalonnent la vie des personnes souffrant de ces affections.
Basée sur nos observations et notre réflexion, nous faisons, par ailleurs, l'hypothèse selon laquelle certains de ces facteurs pourraient prendre leurs racines durant la vie intra-utérine ou dès les premiers mois de la vie, au moment de l'allaitement.
Parce que ces différents facteurs incitateurs, et/ou facilitateurs, dans leur multitude et leur intensité, vont agir en interaction au fil des ans, donc durant le développement de la psyché, aux moments des prises de conscience psycho-affectives et sociales, lors d'évènements traumatiques et surtout, dès les premiers signes de détérioration psycho-physiologique, on va passer d'un simple conditionnement qui, au début, conduit l'enfant, l'adolescente à ne pas manger ou à trop manger pour des raisons d'ordre psycho-affectif et social la plupart du temps pour aboutir à une véritable maladie.
Mon analyse de ces désordres du comportement alimentaire est donc une analyse de type holistique, c'est-à-dire que je tiens compte de tout un ensemble complexe de facteurs tant psychologiques que physiques et sociaux, individuels, familiaux, et situationnels pour expliquer la structuration de ces maux. Ces facteurs, dans leur multitude, au fur-et-à-mesure de leur apparition, vont s'influencer les uns, les autres. Ils forment donc un ensemble dynamique.
C'est, par ailleurs pour cette raison, ensemble dynamique de facteurs devenant interdépendants, qu'il vaut mieux détecter ces désordres à leur début pour être presque sûr d'obtenir une guérison.
Dans le cas précis de l'anorexie, m'étant attachée à définir trois étapes ou phases de progression de ce trouble, il est à conseiller à la jeune anorexique une prise en charge quand encore en phase d'extériorité, c'est-à-dire quand son contact avec la réalité est toujours présent Une fois atteintes ce que je nomme phase intermédiaire, puis phase d'intériorité, le risque est grand d'être confronté à des rechutes ou à des échecs complets.
Le dernier chapitre est consacré aux conseils adressés aux personnes en fonction de leur tranche d'âge et à leur famille ainsi qu'à l'approche psychothérapeutique observée tant dans le cas de l'anorexie, que de la boulimie ou de l'état mixte. Dans mon approche, j'utilise certains des principes analytiques ainsi que l'approche cognitivo-behaviorale, la conduite des entretiens se faisant soit dans un style directif ou bien
rogérien, l'ensemble pratiqué au cours de consultations individuelles avec consultations familiales à intervalles quand les personnes, enfants, adolescents ou jeunes adultes, vivent avec leur famille.
Voir
sites: www.anorexieboulimieetatmixte.com
www.publibook.com
|
| 6.
"L'enfant maltraité":
éditions "L'Harmattan", Paris mai 2005.
|
|
Ouvrage sous forme d'étude
sémiologique de la maltraitance envers les enfants
dans lequel
je démontre, à travers la présentation
de plusieurs situations de maltraitance, l'importance
des indices produits par l'enfant lui-même dans
la détection des sévices physiques et/ou
psychologiques qui lui sont infligés. Je lance
en même temps un signal d'alarme au sujet des
répercussions néfastes sur la santé
physique et psychologique des enfants qu'ont certaines
décisions de justice. En exemple, l'observation stricte de la parité père-mère
dans l'attribution des jours de visite et de vacances
ainsi que la mesure contestée et contestable
de la garde alternée appliquée sans discernement
sont en train de faire des ravages sur la santé
et le psychisme des petits dont les parents s'entre-déchirent
pour avoir leur garde. Que deviendront ces enfants malmenés
quand parvenus à l'adolescence, dans une dizaine
d'années? Des délinquants, des parricides,
des matricides, des malades psychiatriques? Pour l'instant,
ils sont les otages d'un des deux parents qui l'utilise
pour se venger de l'autre parent et, ces enfants souffrent
dans leur coeur et dans leur âme! Ne pas oublier
que par-delà les exigences de certains
parents, il y a un petit d'être humain, sans défense.
Les signes de maltraitance ou indicateurs de
souffrance physique et mentale chez
l'enfant que j'ai identifié au cours de ma pratique de psychologue clinicienne
se regroupent en quatre types: les troubles de la vie de relation signifiant un
déséquilibre de l'organisme, les troubles dans la vie psycho-affective
révélateurs d'un ou d'une série de traumatismes répétés, les symptômes
psycho-somatiques, les déficits ou retards dans les différents apprentissages dont
les apprentissages scolaires.
a) Troubles de la vie de
relation signifiant un déséquilibre de l'organisme :
- Troubles du sommeil avec réveils nocturnes, cris, cauchemars, hurlements
ou refus de s'endormir. En général, la difficulté de l'enfant à s'endormir
s'accompagne de symptômes psychologiques appelés peurs, peur de la noirceur,
peur de se retrouver seul quand il se réveille (à relier à l'angoisse de
séparation, quand celle-ci s'opère à son insu,
de l'être aimé, voir infra,
angoisse de séparation ainsi que le dernier paragraphe
sur les peurs nocturnes et pleurs du soir).
- Troubles de l'appétit ( refus du biberon, régurgitations, picorage,
anorexie, ou contraire boulimie) s'accompagnant de nausées et, ou de
vomissements.
- Perte du contrôle des
sphincters (énurésie, encoprésie)
quand ce contrôle a été acquis auparavant
ou bien retard dans l'apprentissage à la propreté ; parfois,
coprophagie.
b) Troubles dans la vie
psycho-affective signifiant un ou une
série de traumatismes répétés dans sa vie psychique :
- Changements de
l'humeur avec colère, agressivité,
nervosité, agitation.
- Repli sur soi avec humeur triste et taciturne.
- Conduite de négation avec refus, refus de faire ce qu'on lui demande,
refus d'aller à l'école quand d'âge scolaire.
- Manque d'attention,
de concentration, rêverie, absence d'écoute : ce qui explique la possible chute dans la performance scolaire
si d'âge scolaire avec parfois, perte des acquis antérieurs ; ce qui rend
compte aussi d'un possible retard dans les apprentissages scolaires. Cette absence dans la fixation de ce qui se
passe autour de lui, s'apparente à la perte du contact avec le réel.
- Perte du contact avec
la réalité : souvent est
mentionné le regard « vide » de l'enfant quand il revient chez le
parent maternant, son comportement « bizarre », errant de pièces en
pièces comme pour se rassurer. Parfois, l'enfant s'enquiert auprès de son
parent, tout en s'en inquiétant, si la chambre qu'il occupe est bien sa
chambre, les jouets qui s'y trouvent sont bien ses jouets, le petit frère ou la
petite sour, sont bien son petit frère ou sa petite sour. L'enfant redécouvre « son
chez lui » qui n'est plus tellement « son chez lui »
puisqu'on lui fait mener une vie d'allers et de retours dans plusieurs endroits
(il arrive que l'enfant n'est pas toujours hébergé à chaque séjour chez le
parent non maternant, mais chez ses grands-parents, oncles, tantes ou amis)
donc de déséquilibre, de perte des repères, de perte d'identité et du sens de
l'appartenance, les frontières entre le moi et le non-moi, ce qui est à moi et
pas à moi s'estompant : il doit se réadapter à chaque fois, retrouver ses
repères, reconstruire une identité morcelée, en voie de dépersonnalisation, de
déstructuration.
- Angoisse
d'abandon : le jeune enfant se
sent abandonné par le parent qui le materne, le protège, lui assure sa
sécurité, lui donne amour, affection, tendresse mais qui, du jour au lendemain,
l'envoie ou le laisse partir, parce qu'il en a été décidé ainsi par la Cour, avec un parent qui fait peur,
ou presque inconnu ou avec qui il ne se sent pas bien. L'enfant pense alors
qu'il n'est plus aimé, que sa mère ne veut plus de lui. Désemparé, il est si
triste qu'il peut arriver à croire que c'est parce qu'il est
« vilain » ou pas assez gentil que sa maman le punit, lui fait du mal
en l'envoyant chez un parent qui l'effraye!
- Absence de confiance
en soi : La perte du contact
avec la réalité due aux changements récurrents et aux ajustements imposés lors
de la rupture des rythmes bio-psychologiques conjuguée à l'angoisse d'abandon
entraînent l'apparition de
l'incertitude et du doute. Chez le jeune enfant, ce manque de confiance en soi
se manifeste de façon particulière : on parle d'un enfant inquiet, qui ne
« sait pas ce qu'il veut », changeant, « capricieux ».
c) Symptômes
psycho-somatiques quand les troubles physiques et psychologiques culminent en
intensité et, ou en chronicité.
- éruptions cutanées
(eczéma, zona ou autres), asthme, maux de ventre, céphalées, convulsions.
d) Déficits ou retards dans
les apprentissages de base et apprentissages scolaires
-apprentissage à la
parole : le bégaiement peut apparaître; apprentissages à la
propreté (se laver, se brosser les dents), aux bonnes conduites (bien se tenir
à table, dire merci, bonjour etc.); apprentissages à la lecture,
à la dextérité fine (dessins,écriture), au calcul.
|
|
Peurs nocturnes et
pleurs du soir.
Avec la noirceur, les peurs font surface en passant de
l'inconscient au conscient. Pourquoi ? A l'arrivée de la nuit, quand la lumière fait place à
l'obscurité, les ombres s'allongent, le monde visuel perd ses contours, ses
formes et ses couleurs. Il devient monochrome : c'est la noirceur ;
il se fait indifférencié et neutre par
l'évanouissement des formes et des couleurs.
L'appréhension naît de cette perte des repères visuels et familiers des formes
et des couleurs. La nuit devient un gouffre à l'immensité sans fin, un vrai
trou noir, un puits d'obscurité.L'infini et l'immensité induisent l'angoisse, l'angoisse de l'inconnu, de ce
que l'on ne reconnaît pas, des situations que l'on ne sait prévoir où, à quel
moment ; et, là dans la nuit, nous sommes face à l'infini et à l'immensité
puisque nous n'avons plus nos repères visuels. De façon concomitante à l'apparition de l'infini et de
l'immensité, pour ne plus être face au gouffre qui inquiète, l'esprit humain
va imaginer un autre monde peuplé
d'autres formes. Mais, cet autre monde, parce qu'il sort de l'imaginaire, ne
possède plus les qualités du monde réel. C'est alors qu'on le dit peuplé de
phantasmes, visions ou hallucinations, et croyances. On voit des ombres, des fantômes,
des êtres étranges ; on entend des
loups ; on sent la présence
presque tactile d'une forme humaine qui se rapproche ; un parfum
mystérieux nous la rappelle. Notons que, dès que les repères visuels à l'entour
disparaissent avec l'obscurité, l'angoisse ainsi crée par ce vide perceptuel
fait que tous les autres stimuli
sensoriels sont eux-aussi « déréalisés ». Ainsi donc, le moindre
indice perceptuel qu'il soit visuel, auditif, tactile, olfactif va être
interprété, magnifié, exagéré, déformé. Que ce soit le bois de l'escalier qui
craque ou celui des poutres de la toiture, le grincement d'un gond de porte
entr'ouverte, une lumière qui oscille dans la nuit, des branches d'arbre qui
s'agitent au moindre souffle du vent, le cri d'un oiseau, le contact tactile
d'un tissu peu familier ou une senteur inconnue, toutes ces perceptions vont
prendre un relief particulier et, puisque transformées, sans rapport avec la
réalité. Place aux phantasmes, à l'imaginaire, à l'irréel, aux peurs,
à une angoisse abyssale. On ne reconnaît plus le bois qui craque : cela
devient « quelqu'un qui monte les escaliers ou qui se trouve au
grenier ». On ne reconnaît plus l'ombre de l'arbre, cela devient :
« c'est quelqu'un qui se cache ou un fantôme », par exemple.
Ce remplacement d'un monde par un autre s'inscrit dans les
lois du comportement humain. Dès que le support perceptuel réel disparaît, le
vide ainsi crée dans la connaissance physique est comblé par les idées.
Or, dès que le monde idéeique sert à combler les manques du monde réel dans la
connaissance et la reconnaissance, il y a danger : celui de voir les idées
nous entraîner vers des croyances, vers ce qui est indémontrable! Ainsi
naissent les craintes, les peurs, les phobies, les idées fausses qui procèdent
de ces croyances [1]
De même que l'on peut se représenter ce qui se passe dans la
tête d'un jeune enfant traumatisé par un retrait de ses repères familiers quand
il est plongé dans un univers inconnu, on peut aussi se représenter l'état de
stress subi et vécu par un tout jeune enfant de quelques mois à quelque deux
ans quand on le sépare du parent maternant, nul doute que le petit être sera
nerveux, colérique, toujours en pleurs , agité ou, au contraire, prostré.Pour le nourrisson, le tout petit enfant, il suffit bien
souvent qu'il entende la voix de sa
mère, qu'elle le prenne dans ses bras, qu'il sente son odeur, qu'elle le
caresse de sa main ou qu'elle le câline
contre son sein pour voir les colères s'arrêter brusquement, les pleurs
cesser, le gros chagrin disparaître, l'agitation faire place à l'apaisement.Le petit enfant pleure le soir quand il ne sent plus la
présence de son parent maternant, de
même il pleure quand il se sent seul dans la journée ou quand on le transporte
dans un lieu dont les indices sensoriels lui sont étrangers, les pleurs étant
l'expression de son désarroi devant la perte des indices sensoriels
familiers ; de même, est-il rassuré quand il reconnaît l'ensemble des perceptions sensorielles qui
lui sont familières. Qu'on les appelle du soir ou pas, les pleurs du nourrisson
et du tout petit enfant sont l'expression de son désarroi devant la perte
subite des indices sensoriels, visuels, auditifs, tactiles, olfactifs et
gustatifs qui lui sont familiers, en général provenant ou dépendant du parent
maternant. De même, les peurs nocturnes du jeune enfant de deux à six
et sept ans sont aussi l'expression de son désarroi face à la perte des repères
essentiellement visuels et leur remplacement par les idées interprétatives. A
ses peurs, que je qualifierai de naturelles, vient s'ajouter le stress d'un
départ obligatoire chez un parent peu aimé ou craint, dans un lieu peu familier
ou totalement inconnu.
[1]
|
| 7.
Une approche en psychothérapie éclectique intégrative,
publié par Publibook,
Paris, 2008.
|
|
Regard
et réflexions sur ma pratique en psychothérapie
comme psychologue clinicienne ayant exercé des
deux côtés de l'Atlantique. Une approche éclectique intégrative basée sur une
appréhension holistique et systémique de la personne
dans tous ses états, du normal au pathologique.
Dans
cet ouvrage, après un balayage historique dans
le développement des techniques psychothérapeutiques
à partir des modèles théorico-pratiques
solidaires de l'évolution des mentalités,
donc des progrès dans les disciplines scientifiques,
je propose de donner une valeur équivalente tant
aux méthodes utilisées quand appropriées
aux demandes et besoins et aux attentes de la personne
consultante ainsi qu'à ses conditions de vie
particulières qu'à une série de
facteurs inhérents à la situation crée
par toute
relation à but thérapeutique dont le temps
comme facteur thérapeutique à la fois
physique et psychologique, les aptitudes du psychothérapeute,
les caractéristiques de la personne consultante,
sans oublier les aléas de la vie qui font qu'une
psychothérapie pourra "réussir"
plus vite, "échouer" ou être
"retardée".
Voir
sites: www.therapieintegrative.com
www.publibook.com
|
|
continuer
sur 
Ce texte
est la propriété de Dominique Brunet.
Toute reproduction sans mon autorisation est interdite.
|

www.dominiquebrunet.com
dom.brunet@wanadoo.fr
|